Qu’est-ce que le TDAH ? Interview avec Linh-Lan

Qu'est-ce que le TDAH ?

Cabinet de sophrologie Jude Sophrotherapy Montpellier

 

Aujourd’hui nous allons parler du TDAH, Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité. Très méconnu jusque récemment, le TDAH est un trouble du neurodéveloppement. Il a été découvert grâce à des constats cliniques du 19ème siècle basés sur l’observation de cas d’instabilité motrice chez les enfants puis chez les adultes. Dans les années 1970, les recherches s’affinent pour ajouter la notion d’hyperactivité à celle déjà existante de l’attention. En 1987, sa dénomination définitive apparaît pour la première fois dans le fameux DSM. En France, il toucherait environ 5,9 % des enfants et 3 % des adultes. Il existe plusieurs types de TDAH qui ont chacun leur spécificité : impulsivité, hyperactivité, inattention.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de TDAH France : https://www.tdah-france.fr/?lang=fr.

A cette occasion, nous recevons Linh-Lan. Journaliste et récemment diagnostiquée d’un TDAH, elle a accepté de répondre à nos questions à propos de ce trouble encore très mal connu du grand public.

 

Comment définirais-tu le TDAH avec tes propres mots ?

Le TDAH se caractérise par plein de symptômes variés au quotidien. C’est un spectre, donc cela va se manifester différemment selon les personnes. Cela peut être handicapant et causer des problèmes à l’école, au travail ou dans l’entourage. Etre atteint d’un TDAH c’est avoir un cerveau au fonctionnement différent, avec quelques « câbles » (neurotransmetteurs) qui ne se connectent pas correctement. La personne TDAH manque de dopamine, moteur de la motivation et de l’attention, ainsi que de sérotonine, régulatrice de l’humeur, et de noradrénaline. Par conséquent, les personnes TDAH ont davantage de risques de développer des troubles anxieux, dépressions, troubles bipolaires, addictions et TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs). Bref, ce n’est pas vraiment un cadeau !

 

Comment as-tu eu l’idée d’un « dépistage » neuropsychologique ?

L’idée est venue de mon psychiatre. Il y a environ un an, j’ai franchi le pas d’aller voir un psychiatre à cause de plusieurs déclencheurs. Je trouvais que je stagnais malgré de longues années de psychothérapie. Dans le même temps, une amie a été diagnostiquée TDAH et m’en a parlé. J’ai alors commencé à suivre pas mal de comptes Instagram qui racontent à quoi ressemble le quotidien d’un TDAH, notamment celui d’Eugene Yao (https://www.instagram.com/adhdfounder/). Je m’identifiais complètement. Et puis il y a eu ce jour où je suis partie manger seule au restaurant, en laissant mon casque et mes clés sur mon scooter, ce qui a eu pour effet de vider la batterie du véhicule. J’ai eu de la chance, j’aurais pu me le faire voler. Je me suis dit : « Trop, c’est trop ! ». J’ai pris rendez-vous avec un psychiatre, qui lui-même m’a orientée vers une neuropsychologue pour un bilan.

 

Quel diagnostic de TDAH pour toi et quel traitement/suivi sont nécessaires ?

Grâce au bilan neuropsy, on a constaté quelques fragilités au niveau de la mémoire immédiate. On a pu aussi noter des difficultés sur les épreuves d’attention (lenteur, besoin de souvent faire répéter). La neuropsychologue a émis l’hypothèse du TDAH et mon psychiatre a posé le diagnostic. Il m’a proposé soit d’en rester là, soit de me traiter, notamment avec la Ritaline, souvent prise par les patients TDAH en cas de grand besoin de concentration. Après le feu vert de mon cardiologue, j’ai décidé de tester, quitte à tâtonner un peu pour trouver le bon dosage. Quand j’ai demandé à la neuropsychologue si j’étais sévèrement atteinte, elle m’a dit que non, puisque j’avais globalement réussi, en faisant des études et en ayant un travail stable. Cela m’a permis de relativiser mon TDAH. Je me souviens d’avoir souvent pensé : « J’en ai marre que les pensées se bousculent dans mon cerveau quand je me mets au lit, j’aimerais bien voir un médicament pour qu’il ferme sa gueule ! ». Mais je n’attends pas de la Ritaline qu’elle ait un effet miraculeux sur le TDAH, juste qu’elle atténue les symptômes.

 

Quelles difficultés principales le TDAH impose-t-il à ton quotidien ?

Pour la neuropsy, j’ai un TDAH à dominante « déficit attentionnel ». Mais de mon côté, je pense que j’ai pas mal d’hyperactivité aussi. Je dois faire des efforts pour me concentrer quand quelqu’un me parle (surtout quand c’est long ou pas intéressant). Je peux complètement « disparaître » mentalement pendant une conversation et donner l’illusion que j’écoutais. Pas facile quand c’est moi qui mène l’interview (je suis journaliste). Je perds aussi beaucoup mes affaires, j’oublie mes rendez-vous. Je suis souvent en retard, soit parce que je sous-estime de façon chronique le temps qu’il me faut pour me préparer, soit parce que j’étais absorbée par une activité et que je n’ai pas vu le temps passer. J’ai également une tendance à procrastiner assez forte. Récemment, j’ai publié un livre, écrit dans la douleur car j’ai continué de travailler à temps plein en parallèle. J’ai fini en burn-out, passant tous mes congés jour comme nuit à écrire. Je pense que tout cela a un lien avec mon hyperactivité et mon manque de capacité à résister à des impulsions. Je suis aussi assez dépensière.

 

Comment vis-tu avec le TDAH aujourd’hui et comment envisages-tu la suite ?

Aujourd’hui, j’accepte mieux ma différence et je suis moins dure avec moi-même. J’essaie de faire de mon TDAH une force : accepter que ce trouble fait partie de ma vie et trouver des stratégies adaptées. J’ai déjà commencé avant même le diagnostic en choisissant un travail plutôt compatible avec mon fonctionnement : journaliste. On ne s’ennuie jamais quand on est journaliste, c’est ma garantie d’avoir une bonne dose de dopamine par jour ! Et aussi la prochaine étape c’est de développer ma grande créativité, et de me respecter en tant que personne. Depuis le diagnostic, j’ai suivi plein de comptes qui parlent de TDAH, et ça me fait du bien d’apprendre que certains ont débroussaillé le chemin avant moi. Mais je suis optimiste, car je pense que c’est le début d’une nouvelle vie !

 

 

Le cabinet de sophrologie Jude Sophrotherapy à Montpellier vous accueille dans le cadre d’un accompagnement de soutien face à un trouble neurologique. Nous vous rappelons qu’un suivi médical et un diagnostic posé par des professionnels de santé adaptés est une nécessité avant d’entamer tout accompagnement thérapeutique parallèle.

https://jude-sophrotherapy.fr/sophro-montpellier/les-troubles-du-comportement/

Je remercie chaleureusement Linh-Lan d’avoir accepté de répondre à mes questions sur le TDAH.

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